Ciel ouvert

Ciel ouvert : le pari panafricain qui commence à porter ses fruits

SAATM et ciel ouvert en Afrique : comment la libéralisation du transport aérien redessine la connectivité intra-africaine et fait grandir le tourisme continental en 2026.

Une ambition de longue date qui se concrétise

Un continent, un marché aérien : c’est la promesse portée depuis plusieurs années par le Marché unique du transport aérien africain (SAATM), initiative de l’Union africaine qui vise à permettre à n’importe quelle compagnie du continent de desservir n’importe quelle route africaine, sans les lourdeurs réglementaires qui ont longtemps freiné la connectivité régionale.

En 2026, cette ambition de longue date commence enfin à se traduire par des chiffres concrets et vérifiables.

Un rapport de l’Africa Travel and Tourism Association (ATTA), réalisé en collaboration avec la société d’analyse OAG et présenté à l’ITB de Berlin début mars, dresse un état des lieux inédit : 182,4 millions de sièges au départ sont disponibles au cours des dix premiers mois de 2026, contre 160,4 millions un an plus tôt, soit une progression de 13,7 %.

Ce chiffre place l’Afrique parmi les régions du monde où la reprise du trafic aérien est la plus rapide.

Le Nigeria, l’Algérie et Maurice en embuscade

Les liaisons intra-africaines progressent particulièrement vite. Si l’Afrique du Sud demeure, et de loin, la première puissance aérienne du continent, d’autres marchés émergent nettement : le Nigeria, l’Algérie, Maurice et Madagascar gagnent chacun en importance sur la carte régionale des connexions.

Cette diversification est une bonne nouvelle pour l’ensemble de l’écosystème touristique : elle signifie que des destinations historiquement moins accessibles gagnent en visibilité et en facilité d’accès, aussi bien pour les voyageurs internationaux que pour les voyageurs africains.

Le prix du billet, dernier obstacle

Le principal obstacle qui subsiste reste le prix du billet. Voler d’un pays africain à l’autre coûte encore, dans de nombreux cas, plus cher que de rejoindre l’Europe. Cette anomalie tarifaire freine le développement du tourisme intra-continental. Des travaux sont en cours pour harmoniser les taxes aéroportuaires, réduire les redondances réglementaires entre les pays et encourager une concurrence plus saine entre les compagnies aériennes.

La trajectoire, elle, ne fait guère de doute : chaque nouvelle route ouverte, chaque accord bilatéral simplifié rapproche un peu plus les destinations du continent les unes des autres et rend un peu plus concrète l’idée d’un tourisme africain pensé et vécu à l’échelle continentale plutôt que pays par pays.

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